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  • Chantale Belhumeur

Quand la trail appelle


Le 16 octobre dernier, c’était ma dernière course de l’année 2016. Je parle de courses chronométrées.  Vous savez de celles que vous devriez vous donner le défi de passer la ligne d’arrivée dans un temps record.


C’est vrai, une course, c’est une course et il y a un sentiment de « presse ». Mais pour moi c’est aussi une étape ! Une étape de vie, de sortie de zone de confort, une étape de défi, de bonheur, un but ! Il m'est plus facile de m’entraîner avec un but.  


Tu ne peux pas laisser aller quand tu as un but et j'aime m'accomplir en longues distances, alors je m’entraîne en conséquence.  De toute façon « à mon âge vénérable », je ne passerais pas la ligne d’arrivée avant les jeunots de 20, 30 et 40 ans et ça n’a aucune importance.Donc, le 16 octobre dernier était mon dernier trail officiel de l’année et je l’ai savouré. Pas facile le 23km des Crêtes du Xtrail Orford.  Ça pince, comme disent certains de mes entraîneurs. Mais c’est une magnifique trail.


9h00 le matin, c’est le départ.  L’adrénaline monte et la température ne peut être plus magnifique.  Environ 2 degrés, soleil, pas de vent, les arbres sont en feu de rouge, d’orangé et de jaune et il n’a pas plu de la semaine, donc pas trop de boue dans les trails … un rêve.


10 …. 5, 4, 3, 2, 1 et c’est le départ du 23km du sentier des Crêtes.  En avant, ce sont les plus rapides, ceux qui vont commencer à entrer à 11h00. Pas de danger, ça ne m’arrivera pas.  Je prends mon rythme.  Je compte, oui je compte, je ne sais pas pourquoi, je compte pour le rythme, pour le focus.  Tout à coup, je vois un coureur qui ressent déjà une crampe.  Je me dis « caline, on vient de partir ».


En un rien de temps, il me semble, j’arrive à l’accueil du Cerisier et je continue sur la piste cyclable pour rejoindre le prochain sentier.


Arrivée au chalet du Castor, mon amie Sylvie est là en haut de la côte qui m’encourage, j’en viens toute émue.  Un peu plus loin, c’est une autre amie du club de trail, Isabelle qui m’accompagne pour un bout de chemin.  C’est tellement agréable de placoter un peu et de se faire encourager. 


Je continue, rencontre trois français qui descendent une pente vraiment lentement et moi de leur dire « laissez vous descendre et profitez du cadeau de la montagne, elle ne vous en donnera pas beaucoup d’autres. »  En effet, nous voilà devant l’entrée du sentier. Le party est fini et j’entame la montée.  Dans un tournant, voilà Junior qui nous encourage.  Je me dis que je suis bien chanceuse de faire partie d’un super club de trail.

Et commence alors le festival du « attention à gauche, je passe », du « si vous voulez passer, dites-le », de la marche rapide et, oui, des crampes. Que j’en ai vu pendant cet été des coureurs avec des crampes … si seulement … si seulement l’apport adéquat en vitamines et minéraux était au rendez-vous ! Mais bon ! Je le mentionne souvent.  Je veux aider, mais il faut aussi s'aider.


Arrivée au pic de l’Ours, c’est la joie, c’est déjà un accomplissement et je continue.  Je glisse sur une roche à la descente et je suis bien contente d’avoir gardé mes petits gants. Je viens de m’épargner les mains, pour le reste tout va bien.


Et je continue.  J’ai la chance de vivre à quelques pas de la montagne et je connais bien le sentier. Je sais où j’en suis en tout temps.  C’est un grand avantage, car j’ai oublié ma montre et je n’ai aucune idée du temps que je mets à parcourir le sentir.


Le reste des Crêtes s’effectue entre la course et la marche rapide et ça va vraiment bien.  Mais je sors du sentier des Crêtes et mon calvaire est devant moi : La montée de la grande coulée.  Ah! Mais vous pensez bien que je l’ai pratiqué maintes fois cet été et je sais que je la monte en 11 minutes lorsque je suis fatiguée. Alors je m’aligne, prends mon rythme, je compte et je me mets en marche … Mais voilà que ! pouett ! pouett ! pouett ! à la mi-montée, on nous fait bifurquer vers la gauche pour prendre un sentier dans le bois. Et là, je me sens complètement désorientée.  Je perds mon rythme.  Je monte, je monte dans le sentier, je dépasse … « attention à gauche », je continue et j’arrive en bas de la deuxième portion de la Coulée.  Il me semble qu’elle est immense et longue et pourtant … pourtant !


Je lève les yeux et je vois mon mari et ma belle amie Sophie qui sont là à m’encourager.  Je peine, j’ai mal aux fessiers … mais je finis par arriver en haut et demande à Sophie: - il est quelle heure.  Midi 5, me dit-elle.  Wow ! Je me rends compte que je passerai l’arrivée dans environ 25 minutes, bien sous la barre des 4h.


Je pars pour la descente. C’est ma force alors je me donne.  Ben oui ! il reste encore de l’énergie.


La descente se fait à merveille et je me fais un sprint pour l’arrivée.  Du pur bonheur. Je viens de terminer le Xtrail 23km du sentier des Crêtes et je suis très fière de moi.

Pourtant, j’ai fait plusieurs longues distances cette année dont le 50km de la Chute du Diable, mais le Xtrail Orford était ma course fétiche, celle qui est dans ma cours et que je n’avais jamais fait en course chronométrée. Je revois mes amis. On parle, on se félicite, on mange et c’est terminé.  La course est faite.  Je retourne à la maison.


La trail de longue distance, c’est une belle passion.  Tant que je m’amuse, je vais y rester parce que, encore et encore la trail m’appelle.


Et mon plus bel accomplissement, quel est-il ? Mon plus bel accomplissement est de terminer toutes ces belles longues distances, tous ces entraînements, tous ses étirements, tous ses moments de plaisir et de bonheur seule ou entre amies, tout cet été … sans blessure, sans même un petit mal.


Je sens que j’ai bien géré mes entraînements, mon alimentation, mon énergie et mes efforts et ça ! C’est ma grande fierté.


Maintenant, il me reste quelques sorties non-chronométrées et je suis à m’amuser à planifier l’an prochain.  Mêmes objectifs : longues distances, bonne gestion et respect du terrain dehors (la trail) et du terrain dedans (le corps) pour essayer encore de vivre l'année 2017 avec « zéro blessure. »


Parce que oui, la trail m’appelle encore et s’est pas fini.  La trail, c'est une belle passion.

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